Véhicules


« Conduire sera un divertissement. »

Katarina Adlercreutz,  vice-présidente du marketing des produits de Volvo Cars, et Per Rödjer, directeur principal de l’innovation, expliquent le processus de création des voitures autonomes.  

Volvo a une double approche intéressante pour le développement des voitures sans conducteur... 

Per : J’ai travaillé au centre de conception de Volvo Cars à Los Angeles, un endroit où nous développons des innovations pour ce que nous appelons, au sein de l’industrie automobile, la partie expérience utilisateur de la conduite autonome. C’est un aspect important de l’élaboration du système de conduite autonome.

Nous développons simultanément à Gothenburg la conduite autonome et les systèmes d’assistance au conducteur, tout en mettant en œuvre le programme de pilotage automatique Drive Me. L’expérience utilisateur doit être élaborée au fur et à mesure du développement de la technologie, comme le veulent la philosophie et le processus innovants de Volvo, axés sur le client.

C’est un processus évolutif.

Katarina : En effet. Les premiers systèmes de soutien au conducteur actif ont été mis au point il y a quelques années. Beaucoup d’entre nous les connaissent, et les avantages nous semblent maintenant évidents. Nous continuerons de développer ces systèmes sous le nom de technologies de conduite semi-autonome.

Le concept de conduite autonome est-il parfaitement compris?

Katarina : Chez Volvo, nous avons réellement approfondi cette notion grâce à des entrevues avec les clients, à des groupes de discussion et à des ateliers, ainsi qu’à la participation d’experts internes et d’analystes. L’expression est presque dépassée, mais c’est au changement de paradigme qu’il faut s’intéresser, car la responsabilité de la conduite passe du conducteur à la voiture. Toutefois, tout cela est encore très abstrait pour beaucoup. Prenons pour comparaison l’exemple du téléphone intelligent. Avant qu’Internet soit en permanence dans nos poches, il était difficile d’imaginer les répercussions et les avantages du téléphone intelligent à écran tactile.

Alors de quelle façon pouvez-vous convaincre les clients de se procurer les véhicules à conduite autonome?

Per : À vrai dire, certains disent que ça ne fonctionnera jamais et d’autres affirment vouloir cette technologie immédiatement, mais la plupart des gens ont une idée claire de la façon dont ils l’utiliseraient. Les avantages deviennent de plus en plus évidents au fur et à mesure qu’on discute de la question.

La plupart des gens croient en cette technologie et se sentent interpelés par elle. Dans la vie de tous les jours, il arrive très souvent que d’autres conducteurs prennent les commandes, qu’il s’agisse de connaissances ou d’étrangers, comme les chauffeurs de taxi.

Est-ce que les clients ont confiance en l’idée?

Per : La confiance est vitale pour profiter pleinement de la conduite autonome. Nous pensons que c’est un élément essentiel de l’expérience utilisateur. Vous devez faire confiance à la voiture pour bénéficier des avantages que nous avons imaginés et que nous désirons vous offrir. Comment faisons-nous pour créer ce lien de confiance? Nous ne pouvons donner aucun détail pour l’instant, mais nous y travaillons très fort et nous faisons beaucoup d’expériences à ce sujet.

Qu’en est-il des autorités?

Katarina : Le programme Drive Me joue un rôle très important à cet égard. Il rassemble tout le monde : les partenaires, les clients et nous. Tous les partenaires sont inclus dans le processus. Certaines personnes ont déjà affirmé que le plus gros défi de la conduite autonome n’est pas de faire fonctionner les voitures, mais plutôt de convaincre les autorités qu’elles sont sécuritaires. Cela repose sur un fond de vérité. L’un des meilleurs moyens de faciliter le processus est d’encourager la collaboration.

À quoi le monde ressemblera-t-il 30 ans après l’arrivée de la conduite autonome?

Katarina : Comme nous l’avons dit auparavant, nous en sommes seulement à un stade très précoce, mais nous pensons chez Volvo que cette technologie révolutionnera la façon de vivre et de travailler. Nous croyons que nous améliorons les voitures davantage en donnant aux gens le choix de conduire et de déléguer cette tâche lorsqu’ils veulent ou doivent faire autre chose. Selon nous, les voitures seront encore considérées comme des espaces personnels très précieux pour nos clients.

Est-ce qu’il y aura encore des conducteurs?

Katarina : La conduite d’un véhicule est une expérience fantastique en soi, synonyme de liberté individuelle pour plusieurs d’entre nous. Si nous établissons un parallèle avec les chevaux et les bateaux, nous pourrions dire que c’était une nécessité jadis pour beaucoup, mais qu’il s’agit maintenant d’un loisir. Conduire une voiture, c’est pratique, mais également divertissant.