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  • VOLVO 480 ES

    10/02/2011

    Aujourd’hui, la gamme Volvo ne compte que des tractions avant ou des tractions
    intégrales. Il n’en allait pas ainsi en 1985. Depuis les débuts de la marque en 1927, la
    propulsion était même la norme chez Volvo Car Corporation. Et puis le 15 octobre
    1985, Volvo publiait la photographie de sa première traction avant, la 480 ES, et se
    lançait dans une nouvelle voie technique. Finalement depuis 1998, toutes les Volvo
    sont des tractions avant ou des voitures à quatre roues motrices. Ce que l’on sait
    moins, c’est que l’aventure commença dans l’« espace »...


    Galaxy, nom de code de l’avenir
    La Volvo 480 ES est issue d’une planification produit éminemment stratégique. En réalité
    ce projet – qui englobait l’ensemble des futures Volvo et dont le nom de code était Galaxy
    – suggérait plusieurs possibilités de remplacement de la gamme 340/360 mais également
    des familles 240 et 760/740, cela dans une perspective à long terme. Finalement, le projet
    Galaxy conduisit aux séries 400 et 850. Le travail fut mené sur deux fronts : un premier
    chez Volvo Car Corporation à Göteborg pour la grande voiture et le second chez Volvo
    Car B.V. aux Pays-Bas pour les modèles compacts.
    La Volvo 480 ES fut le premier représentant d’une toute nouvelle génération de produits
    émanant de Volvo Car B.V., la filiale néerlandaise de Volvo Car Corporation dont les
    installations d’assemblage se situent à Born. Et si la 480 était différente des autres Volvo,
    ce n’était pas qu’une question d’architecture mécanique à roues avant motrices. Il y avait
    aussi sa forme en coin, ses lignes épurées, sa configuration 2+2, son allure de « break de
    chasse » à deux portes et son hayon tout en verre. Il y avait aussi ses phares
    escamotables et sa calandre traditionnelle Volvo à motif diagonal ramenée à une esquisse
    reléguée sous le bouclier frontal. Sa carrosserie était signée du designer néerlandais John
    De Vries, le Britannique Peter Horbury ayant été chargé de l’habitacle. Ce dernier
    deviendra plus tard directeur du style Volvo. Deux fois pour être exact.

    Une véritable avaleuse de kilomètres
    La Volvo 480 ES fit ses débuts officiels au Salon international de l’Automobile de Genève.
    Ses lignes firent sensation mais également son comportement routier. Oui, elle était une
    avaleuse de kilomètres, une voiture dont les propriétés dynamiques ne contredisaient en
    rien le look en dépit d’une puissance modeste de 109 chevaux délivrée par un moteur 1,7
    litre d’origine Renault, à arbre à cames en tête et injection électronique. Dans la 480, ce
    moteur était installé transversalement, une autre première pour Volvo, et entraînait les
    roues avant par l’intermédiaire d’une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports. Cette
    architecture – groupe motopropulseur compact à l’avant et beaucoup de place pour les
    passagers au sein de l’empattement – était nouvelle pour Volvo qui l’adopta bientôt pour le
    reste de sa gamme.


    De série, la Volvo 480 était très bien équipée et aussi pratique qu’originale, même si ses
    nombreuses fonctions électroniques posèrent parfois quelques petits problèmes de
    fiabilité. Bien entendu, une voiture aussi complète ne pouvait être bon marché mais à
    120 000 couronnes suédoises TTC, la 480 ES de 1986 était compétitive.


    Un turbo en haut de gamme
    Le millésime 1988 vit apparaître une nouvelle version, plus puissante car
    turbocompressée. Equipée d’un turbo à commande électronique et intercooler, la Volvo
    480 Turbo développait 120 ch pour une vitesse maximale dépassant les 200 km/h. En
    1993, la version atmosphérique passa à deux litres pour une puissance de 110 ch et un
    couple nettement majoré.


    Un prototype de cabriolet fut dévoilé au Salon de Genève 1990. Il ne sera jamais produit
    en série. Cependant, les deux exemplaires assemblés ont survécu et coulent désormais
    des jours heureux au musée Volvo. Quelques autres études, dont une version targa et une
    version fastback, ont également vu le jour et ont été conservées.
    Pour différentes raisons, dont le manque de performance de la ES, le lancement aux
    Etats-Unis, initialement prévu, ne se fit jamais. Or les plans originaux faisaient état de
    certains volumes de production et pour les atteindre, l’Amérique était essentielle, d’autant
    qu’il allait ouvrir la voie à d’autres modèles de la série 400. La Volvo 480 fut malgré tout
    réservée à l’Europe et quelque 3 800 exemplaires furent écoulés en Suède sur un total de
    76 375 voitures produites durant la décennie 1985 – 1995.


    La dernière version de la 480 Turbo coûtait 214 600 couronnes suédoises TTC. L’ultime
    480 quitta les chaînes de Born le 7 septembre 1995, au moment même où apparut la
    nouvelle S40 compacte. Une autre génération faisait son entrée.


                                                                              St-Germain-en-Laye, le 20 septembre 2010

    Aujourd’hui, la gamme Volvo ne compte que des tractions avant ou des tractions
    intégrales. Il n’en allait pas ainsi en 1985. Depuis les débuts de la marque en 1927, la
    propulsion était même la norme chez Volvo Car Corporation. Et puis le 15 octobre
    1985, Volvo publiait la photographie de sa première traction avant, la 480 ES, et se
    lançait dans une nouvelle voie technique. Finalement depuis 1998, toutes les Volvo
    sont des tractions avant ou des voitures à quatre roues motrices. Ce que l’on sait
    moins, c’est que l’aventure commença dans l’« espace »...

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