« Nous pouvons désormais intervenir sur le facteur temps. »

Marcus Rothoff, directeur du programme Conduite autonome de Volvo Cars, explique les tenants et aboutissants du projet pilote Drive Me

Pouvez-vous nous en dire plus sur le déroulement du programme Drive Me de Volvo Cars ?

Nous construisons actuellement les prototypes et donnerons à nos premiers clients les clés de leur voiture autonome en 2017.

Entre-temps, certains auront la possibilité d’explorer tout ce que la conduite autonome changera dans leur vie. Nous passerons du temps avec eux pour mieux comprendre comment ils utilisent leur véhicule actuel et pour étudier en quoi la conduite autonome fera la différence.

Lorsqu’ils utiliseront leur voiture autonome, nous collaborerons avec eux pour comprendre dans quelle mesure la conduite autonome devient partie intégrante de leur vie, tout naturellement. Nous voulons savoir combien de temps il leur faudra pour s'habituer, dans quelle mesure la conduite autonome s’intégrera dans leur vie, ce qui est le plus important pour eux et comment nous pouvons gagner leur confiance. Sans confiance dans le véhicule, nos clients ne pourront pas mettre à profit du temps que nous aurons libéré pour eux.

Avant que les premiers clients ne reçoivent leur voiture autonome, nous aurons la garantie qu’elles sont parfaitement sûres. Notre objectif est de construire des voitures autonomes qui n'auront pas d'accident.

Quels véhicules ont été choisis pour le projet in Drive Me ?

Des Volvo XC90.

Quelles discussions devez-vous mener avec les autorités routières pour faire en sorte que les véhicules autonomes soient un succès ?

L’Administration nationale suédoise des routes et l’Agence suédoise du transport sont partenaires du projet Drive Me.
L’Administration nationale suédoise des routes est responsable de l’infrastructure tandis que l’Agence suédoise du transport est responsable des lois.

Nous étudions actuellement comment adapter l’infrastructure à une plus grande utilisation des véhicules autonomes, mais devons aussi trouver une solution compatible avec les infrastructures existantes car sinon le projet ne se concrétisera jamais.

Le plus important pour nous, à l’heure actuelle, est de pouvoir disposer d’une glissière nous séparant de la circulation en sens inverse et d’une carte détaillée nous permettant de savoir exactement où nous sommes. À plus longue échéance, nous devrons améliorer les routes pour exploiter au mieux le potentiel de la conduite autonome : si l'on multiplie les tronçons aménagés, la réduction des embouteillages, l’amélioration de la sécurité et le respect de l’environnement bénéficieront à la société dans son ensemble.

En effet, les véhicules autonomes peuvent optimiser le trafic et éviter les engorgements grâce au partage d’informations et au contrôle coopératif. La possibilité de communiquer et d’optimiser la circulation en général ouvrira de nouvelles perspectives en matière de planification du trafic. Les routes pourraient faire l’objet de nouvelles optimisations, par exemple, en créant des files plus étroites.

Quel sera l’impact des véhicules autonomes pour les compagnies d’assurance ?

Nous discutons du projet Drive Me avec plusieurs compagnies d’assurance pour étudier dans quelle mesure les assurances pourraient évoluer.

Les véhicules autonomes seront avant tout conçus pour éviter les accidents. La plupart des études indiquent que dans 90 à 95 % des cas, le facteur humain entre en ligne de compte. Cela aura bien sûr un impact sur l’assurance, puisque les demandes d’indemnisations chuteront.

Qu’est-ce qui distingue, selon vous, l’approche de la conduite autonome adoptée par Volvo Cars ?

Nous nous concentrons sur la valeur ajoutée de la conduite autonome pour l’utilisateur. L’un des principaux atouts pour nos clients est la possibilité d’utiliser en toute sécurité le temps disponible lors des trajets quotidiens.

Nous devons donc faire le maximum pour faire évoluer la législation et sensibiliser au fait que nos conducteurs seront déchargés de toute responsabilité lorsque leur véhicule roulera en mode autonome.

Quand pouvons-nous espérer voir des véhicules autonomes de série sur les routes ?

Nous visons 2020, mais uniquement dans certains endroits, probablement des villes où la conduite autonome sera un réel plus pour nos clients. Dans le cadre de notre projet Drive Me, des véhicules autonomes commenceront à circuler sur la voie publique, en nombre limité, dès 2017. Ce sera notre point de départ.

Pensez-vous que le public soit prêt à les accueillir ?

Oui. Si l’on s’en tient à ce que font les gens pendant leurs trajets domicile-bureau, ils sont plus que prêts. Nous perdons beaucoup de temps au volant dans les embouteillages et nous aimerions tous pouvoir mieux le mettre à profit.

Comment la technologie IntelliSafe Autopilot va-t-elle révolutionner notre mobilité ?

La possession d’une voiture prendra une nouvelle dimension : vous pourrez disposer de votre temps comme vous l’entendez, y compris lors de vos déplacements.

La voiture a toujours été symbole de liberté. La liberté de voyager où et quand vous en avez envie. La liberté de vivre l’expérience de conduite, le luxe et le confort de votre voiture. Nous pouvons désormais intervenir sur le facteur temps.