CHARLES CAUDRELIER

Éloge de la détermination

La pugnacité du skipper du Dongfeng Race Team, Charles Caudrelier, est un moteur pour le long périple qui se profile.

Après des journées de navigation par grosse mer, la fatigue et la vulnérabilité peuvent facilement se faire sentir. Mais le skipper sait par expérience que l'on peut aller très loin avec la détermination chevillée au corps en toute circonstance. Et il en est fier.

Ils ont survécu à l’Océan Austral, zone la plus délicate de la Volvo Ocean Race, et ont célébré le passage du Cap Horn, jalon mythique pour tous les marins. À partir de là, le mercure remonte et la mer se fait moins hostile. Alors qu’ils longeaient la côte uruguayenne, ils comptaient une légère avance en tête de la flotte et voyaient se profiler la ligne d’arrivée, à seulement 677 miles nautiques. Puis, tout s’est écroulé.

« On naviguait au près, il n’y avait pas beaucoup de vent et la mer était vraiment bonne. Tout d’un coup, on a entendu un gros craquement », raconte Charles Caudrelier, membre de l’équipage à bord de Groupama au cours de l’édition
2011-12. « Pendant quelques secondes, on regarde de tous les côtés puis on réalise très vite que le mât est cassé. »
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"Ne jamais renoncer. C’est ce que je veux garder à l’esprit et inculquer aux membres de mon équipe. Ne pas baisser les bras après la première étape, quand on n’a pas été au mieux et que l’on est déçu par le résultat. On peut toujours progresser. "

Récits de la course

Après avoir vérifié que tous les membres étaient sains et saufs, l’équipage s’est lancé dans la réparation, commençant par récupérer toutes les pièces tombées à l’eau. La team avait deux possibilités : abandonner sur cette étape et renoncer à tous les points en attendant un mât de rechange, ou bien essayer de naviguer avec un gréement de fortune lui permettant de reprendre le cours de l’étape… à un rythme bien moins soutenu.
La décision a été facile à prendre. Une semaine plus tard, c’est un équipage déterminé qui passait la ligne d’arrivée à Itajaí, au Brésil, en troisième position et avec 20 points de plus dans son escarcelle. « À ce stade, nous étions focalisés sur la victoire et quand le mât s’est brisé, nous avons dû modifier notre stratégie très vite », reconnaissait le skipper de Groupama, Franck Cammas, à l’arrivée.
« C’était une grosse déception, c’est vrai, mais je crois que nous pouvons être très fiers de ce que nous avons accompli. Ce genre de péripéties rend plus fort quand on arrive à les surmonter. » 
« Nous ne sommes pas des héros. J’espère juste que nous sommes de bons marins », a déclaré Cammas.

Le mât de remplacement est arrivé au Brésil et le team Groupama a bouclé avec succès les quatre étapes restantes. Après cumul des points à la fin de la course, Groupama a été déclaré vainqueur de la Volvo Ocean Race 2011-12. Au final, chaque point aura compté. A posteriori, Caudrelier se dit fier d’avoir réussi à naviguer avec ce gréement de fortune. Le succès n’est pas gratifiant s’il est trop facile. A posteriori, Caudrelier se dit fier d’avoir réussi à naviguer avec ce gréement de fortune. Le succès n’est pas gratifiant s’il est trop facile. 

Aujourd’hui skipper du Dongfeng Race Team pour l’édition 2014-15, il garde la même détermination et le même état d’esprit. De composition moitié chinoise moitié internationale, son équipage comprend plusieurs membres qui vont vivre leur premier tour du monde.

« Ne jamais renoncer. C’est ce que je veux garder à l’esprit et inculquer aux membres de mon équipe. Ne pas baisser les bras après la première étape, quand on n’a pas été au mieux et que l’on est déçu par le résultat. On peut toujours progresser. »

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